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Garder la lecture présente dans la vie des aînés
Il vient un moment où on a l’impression que la personne en perte d’autonomie n’a plus envie de rien. On lui propose des activités et rien ne semble lui plaire. Nous reviendrons dans un prochain article sur les possibles raisons de cet état. S’il est une activité qui fonctionne très bien, c’est la lecture.Si la lecture seule peut devenir ardue et ennuyeuse, la lecture à deux devient beaucoup plus attirante. Suite à des recherches exhaustives effectuées auprès d’aînés, des livres de lecture pour les personnes qui ont des problèmes de mémoire ont été développés. L’important c’est que la personne qui lit et la personne qui suit ont chacun leur copie du livre entre les mains. Une personne qui a des déficits cognitifs peut rapidement se désengager d’une activité, mais quand on en fait un événement, c’est bien différent. Nous vous suggérons une série de livres sur des sujets bien connus des aînés, en passant de la Bolduc, Maurice Richard, au thème de la cabane à sucre. Ces livres contiennent des histoires simples dans lesquelles on doit répondre à des questions, chanter des airs connus discuter simplement. Chaque personne lit une page à son tour afin de rester engagée soit à lire ou à suivre.Vous pensez que votre proche ne peut plus lire? Vous êtes probablement dans l’erreur. La lecture fait partie de la mémoire procédurale (mémoire des habitudes) et même avec des déficits cognitifs, on peut lire pendant encore très longtemps. Il faut faire attention à ne pas prêter d’intention à notre proche. Il peut parfois nous surprendre!
En savoir plusLes soins corporels de détente
Certaines personnes n’ont plus la capacité d’avoir des discussions dirigées parce qu’ils n’en sont plus capables, qu’ils sont fatigués, que les mots ne viennent plus ou qu’ils ne font plus toujours de sens pour eux. Que nous reste-t-il? Une option intéressante s’offre à nous : offrir des soins corporels de détente à notre proche. C’est difficile d’avoir des contacts aussi intimes? Vous n’êtes pas habitué à le faire?On peut l’essayer et voir si ça plaît à l’autre et si on est à l’aise de l’offrir. Dans la plupart des cas, c’est réconfortant de voir l’autre sourire, s’apaiser, se détendre. Comme il est bon aussi pour l’aidant d’offrir autre chose que des soins de la vie quotidienne. Notre proche ne s’est jamais crémé le visage, les mains, les bras? Il est encore temps de le faire. On s’équipe d’une crème hydratante qui sent bon et on masse doucement le visage, le cou, les mains et les bras. Tout doucement. Les messieurs apprécient également ces contacts même s’ils ne sont pas habitués.On a du vernis à ongles sous la main? Quel plaisir que de se faire offrir une manucure à la maison! On a un peu de fard à joues? On en met un peu à notre proche et on lui offre un miroir pour qu’elle se regarde. Un petit coup de peigne pour terminer le soin? Le massage du cuir chevelu est un pur plaisir s’il est offert avec douceur. Il est même possible d’offrir un petit rasage en douceur à monsieur, ou de couper les poils du menton de madame. Ça ne coûte rien, ça ne demande pas d’expérience en la matière et ça peut faire toute la différence pour l’aidant et son proche.
En savoir plusAller au-delà de l’histoire de vie
Depuis plusieurs décennies maintenant, on accueille les nouveaux résidents en centre d’hébergement en considérant qu’il est essentiel d’avoir une connaissance approfondie des maladies, des incapacités, mais aussi des situations de vie de chacune des personnes hébergées; on considère que ces informations sont nécessaires pour assurer une prestation de soins et services adaptés à leurs besoins d’accompagnement et d’adaptation, notamment en ce qui a trait à la communication, à la reconnaissance des personnes, à la mémoire, à l’orientation dans le temps, l’espace et à la perception de la notion de danger.Ainsi, depuis, on considère donc la personnalité, la culture et l’histoire de vie des résidents. « Enfin » disaient certains. Ce fut effectivement un changement crucial qui a aidé, et aide encore, à diminuer les comportements difficiles.« Mais encore? » disons-nous aujourd’hui, puisqu’il y a place à amélioration, à aller plus loin.Passer du sommaire à l’anecdoteEn effet, d’inclure ces données personnelles dans le dossier d’un client est une excellente idée, il est essentiel d’adapter les façons d’être et d’agir avec les gens selon qui ils sont, à leurs habitudes, à leurs peurs, etc. parce qu’ils sont dans leur milieu de vie. Cela permet de réduire les comportements difficiles mais aussi de faire sentir la personne importante, de renforcer son estime personnelle, de préserver sa dignité.Toutefois, le profil décrit par la famille est souvent bien sommaire et ne trace que les grandes lignes du passé : ses origines, son métier, ses croyances, etc. Sauf que l’humain est bien plus complexe et c’est souvent dans les détails et les anecdotes que s’est forgé sa personnalité. Sans compter toutes ces péripéties que les enfants ignorent!Il est donc fort intéressant de sonder plus profondément dans l’histoire de vie afin d’en découvrir davantage sur le passé de chacun. Des jeux et des activités de réminiscence sont bien à propos. En prime, il est généralement fort apaisant et sécurisant pour les aînés avec des troubles neurodégénératifs tels que la maladie d’Alzheimer de replonger dans le passé. Et, comme ils ne font pas exception à la règle qui veut que le sujet préféré de chacun soit lui-même, ils seront probablement fort enclins à participer à la discussion. Il ne faut pas exclure les non-verbaux, qui peuvent partager à leur façon, selon les activités proposées. Vous aurez alors, tout comme les autres résidents, l’occasion de découvrir qui sont ces gens que vous côtoyez tous les jours.Rester ouvertsDe plus, ce n’est pas parce qu’un personne n’a jamais fait quelque chose que ce n’est pas quelque chose qu’elle pourrait aimer. Nos aînés n’ont pas vécu dans la société des loisirs actuelle et leur quotidien était généralement bien rempli de tâches et obligations. Rien ne vous empêche donc de leur proposer des activités qui sortent de leurs habitudes et cela ne vient aucunement en opposition avec l’idée de préserver leur identité et de ne pas les confronter.En fait, il ne faut pas présumer du passé de quelqu’un pour le définir aujourd’hui. Les gens changent et évoluent; la vieillesse et la maladie apportent parfois des changements surprenants dans les intérêts et les envies. Sans compter les inhibitions qui tombent, accompagnée de la peur d’être jugé et de la pression d’être conforme à un modèle. En effet, ce n’est pas parce qu’un homme qui a passé sa vie à travailler dur, avec de la machinerie et des tracteurs qu’il ne prendra pas plaisir à peindre, avec un tout petit pinceau, une œuvre tout en détails et en finesse. De même qu’une femme qui a toujours pris soin de sa famille, cuisinant, tricotant et raccommodant ne préférera pas manier le marteau, la scie et les autres outils qui lui étaient inaccessibles dans sa jeunesse. N’hésitez donc pas à proposer des activités qui peuvent sembler, à prime abord, incongrues avec l’histoire de vie à laquelle vous avez accès! Des talents cachés, parfois bien enfouis, se terrent peut-être chez certains de vos résidents.
En savoir plusLe pouvoir du jardinage
Le jardinage est une passion des plus communes chez les aînés. L’autosuffisance alimentaire est ancrée dans leurs valeurs depuis leur enfance : ils ont vu leurs parents prendre soin du jardin, puis ont participé à son entretien ainsi qu’à la récolte des légumes, ils ont intégré ces activités dans leur quotidien, dans leur mode de vie.Une étude réalisée dans une résidence pour aînés en Finlande a établi une corrélation entre le bien-être et la participation à des activités de jardinage. L’étude explique que les participants aux activités de jardinage ont démontré beaucoup plus de joie dans leur quotidien. Parmi les changements majeurs observés, citons une plus grande autonomie, un sentiment de contrôle, une identité réaffirmée en plus d’un sentiment accrus d’appartenance à un groupe, brisant l’isolement et la solitude souvent ressentis en centre d’hébergement (Stoneham et Thoday, 1996).Prendre soin de quelque chose de vivant, en l’occurrence des plantes, permet aux aînés de se sentir utiles et valorisés ; cela leur redonne du pouvoir! De plus, une personne avec de l’expérience en jardinage sera consultée par ses pairs, ce qui renforcera son estime personnelle.Mentionnons aussi que les plantes peuvent, par leur odeur et leur apparence, déclencher des souvenirs agréables. En jardinant, une personne est ainsi apaisée, se crée de nouveaux souvenirs et donne un sens nouveau à sa vie, le tout en expérimentant des sentiments heureux (Browne, 1992 ; Lewis, 1996).Finalement, l’étude souligne qu’en intégrant le jardinage à leur quotidien, les aînés pourront comparer leurs plantes, échanger sur le sujet et ainsi retrouver un rôle dans leur milieu de vie.Le jardinage est donc une activité de socialisation, de réminiscence et de valorisation… Alors qu’attendez-vous pour jardiner?
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